Journée mondiale des droits de la femme : Le sport moto au goût du jour !

Journée internationale des droits de la femme : Le sport moto « bilan positif » et le sport auto « bilan mitigé »

La journée internationale des droits de la femme, plus communément appelé à « Journée de la femme » notamment à l’oral, a toujours eu pour objectif de souligner les différences et les inégalités importantes homme/femme. Cette année, le magazine a souhaité mettre en avant la force de l’union de nos deux sexes dans le sport moto. Avec la renaissance de la Women’s Cup en France mais aussi la naissance d’autres compétitions 100% féminines dans le Monde et dans de nombreuses disciplines, nous avons souhaité saluer ces magnifiques initiatives. Le sport moto en aurait-il enfin fini avec le machisme ? Quoi qu’il en soit, force est de constater que la moto au féminin progresse fortement et casse les codes et les a priori.

Malheureusement cette avancée considérable des mentalités dans les sports mécaniques n’est pas générale comme en témoigne cette interview effroyable de Marine Pidoux, jeune et jolie pilote automobile de 33 ans. Harcelée et malmenée par ses adversaires masculins, elle continue de vivre sa passion malgré tout !.

Voici un extrait de son interview réalisée par le site En voiture Carine

« Je roule depuis 2014 dans le championnat GT Tour qui est devenu le championnat Sprint Série cette année, j’ai commencé en Mitjet (2 L) puis en Supertourisme l’année dernière. Je ne suis pas quelqu’un qui a beaucoup de budget, je ne peux même pas me financer moi-même. J’arrive à obtenir des sponsors parce que je passe énormément de temps à essayer d’en trouver. Je n’arrive jamais à finir vraiment mes saisons et je ne peux pas payer beaucoup d’entraînements comparé aux autres pilotes. N’ayant pas de budget casse et peu d’entrainement , cela reste difficile.

Du coup j’ai un niveau qui est pas forcément bon à côté de tout ce qui roule avec moi. J’en suis tout à fait consciente et je sais très bien que je n’ai pas un bon niveau. Mais je fais ce sport parce que je suis la plus heureuse du monde dès que je suis dans ma voiture. Je me sens libre, épanouie et fière de ce que j’arrive à accomplir malgré toutes les embûches que je peux avoir pour trouver le financement. Ce sport, c’est ma vie, je pense que je serais malheureuse si je ne roulais pas.

En 2013, un accident a fait que j’ai été paralysée pendant quelques mois, J’ai subi une amnésie post-traumatique qui m’a fait perdre 40 % de ma mémoire. J’ai été sacrément handicapée pendant une bonne année mais j’ai décidé de reprendre le circuit dès que mes capacités étaient suffisantes. J’ai repris avec une certaine appréhension mais je me suis dit que la vie était courte et que c’était mon rêve. Il fallait que j’aille jusqu’au bout ! J’ai donné le maximum pour obtenir les budgets.

Et en 2014, avec une grande appréhension, j’ai repris la piste. Je suis ultra présente sur les réseaux sociaux ce qui me permet de trouver des financements car je suis très suivie. Étant l’une des rares femmes du championnat, j’ai toujours été la cible de moqueries sur mes résultats. C’était assez souvent mais malgré le mal que cela pouvait me faire, j’ai continué à me battre pour mon rêve. J’aime les gens et je souhaite partager ma passion sur les réseaux sociaux afin de permettre à ceux qui n’ont pas ma chance de vivre cette aventure avec moi. Mais cette exposition dérange. Je dérange et on me déteste.

Les menaces ont commencé à être beaucoup plus compliquées à gérer. Même si j’ai essayé de montrer mon indifférence, au fond de moi, ça faisait mal… Les menaces ont commencé avant les courses : vandalisme sur mon auto, moqueries sur mes résultats sur les réseaux sociaux, j’étais tour à tour transsexuel, lesbienne, pute… Imaginez que je vais sur les circuits avec mes parents… Voici des exemples, au hasard, de ce que je recevais : « Dommage que tu n’aies pas crevé dans ton accident de kart en 2013 » « Ton kart ne t’a pas crashée la tête dommage » « Sale pute, va faire de la danse, t’es nulle » « T’es trop mauvaise, on rigole trop de te voir dernière » « Ferme ta gueule avec tes vidéos, tu ne représentes pas le sport auto »  « D’où une femme se dit pilote ? » « Ridicule » « T’es pas morte, mais un jour tu prendras un mur et on sera tranquille… »

Il y a 3 mois, j’ai subi l’enfer. Un pilote, aidé de l’un de ses amis, a commencé à se moquer de mes résultats en courses sur les réseaux sociaux. C’était des personnes que je connaissais et que j’appréciais. Comme je suis quelqu’un de gentil, je ne vois pas forcément le mal. Cependant, j’ai vu ces commentaires comme une traîtrise. Ils me critiquent sur les réseaux mais jamais en face. Je suis quelqu’un de très direct, du coup, j’ai osé les affronter, ce qui ne leur a pas du tout plu. Ils ont pris ça comme un affront et c’est devenu la guerre.

On me dénigre un peu plus sur les réseaux sociaux, mais aussi devant des pilotes que j’apprécie beaucoup et devant ceux qui m’ont fait rouler aux États-Unis. Ils ont essayé de leur faire comprendre que je n’étais pas quelqu’un de fréquentable… [coupure de l’interview]

Cet acharnement m’a complètement détruite. Je n’arrive pas à comprendre cette méchanceté que les gens peuvent avoir. Quel bonheur ressentent-ils à lyncher une personne ? J’ai toujours été habituée à être traitée de nulle sur circuit mais que ce soit tous les jours, sur internet, ça m’a complètement démolie. Je sais très bien que je ne suis pas la meilleure pilote mais je le fais avec amour et passion contrairement à beaucoup. Ces attitudes dans le sport auto m’ont complètement dégoûtée ! J’en suis venue à perdre toute confiance en moi à tel point que j’ai décidé de ne plus rouler dans le championnat dans lequel j’étais depuis quatre ans et que j’adorais. Ils ont réussi à me détruire psychologiquement. J’ai supporté ce mauvais état d’esprit, anti-sportif, pendant 4 ans, mais le harcèlement intense vécu pendant 3 mois m’a achevée. Certains font de la course automobile pour faire les beaux, d’autres font ça par pure passion, et doivent bosser dur pour y arriver, et apparemment, ces 2 catégories de personnes ne peuvent pas cohabiter sur un circuit. Aujourd’hui je suis malheureuse, déprimée, perdue. J’ai beaucoup de peine. A cause de ces mecs, je ne verrais plus tous ceux que j’aime croiser sur les pistes, avec lesquels je travaille. Ils ne sont pas nombreux à être extraordinaires dans le sport automobile… Un course dure 20 minutes. Vingt minutes de bonheur qui précèdent des mois de lynchage. Il y a d’autres femmes qui subissent la même chose que moi dans ce sport, je ne suis pas la seule…«

A le lecture de cette interview, nous avons été choquée et nous espérons de tout cœur que cette pilote, exemple parmi tant d’autres, remonte la pente et garde le cap de sa passion. Nous avons aussi voulu, mettre en lumière le côté positif qui encadre aujourd’hui, le sport moto. En effet, l’évolution est telle qu’elle mérite d’être soulignée. Il faut savoir que les choses avancent à grands pas depuis des années grâce à des femmes qui bougent et se bougent pour nous mesdames les pilotes. Grâce à elles, nous pouvons aujourd’hui pratiquer notre sport dans d’excellentes conditions.

Au niveau mondiale, c’est Nita Korhonen, qui est à la tête du comité internationale de la FIM Women et qui la dirige d’une main de maître depuis plusieurs année. En France, la lourde tâche d’égalité et de création de compétitions 100% féminine, est imputée à Emma Clair Dumont, directrice du Comité au féminin et Michèle Mouton est à la tête d’une commission à la FIA pour faciliter et valoriser les femmes dans le sport automobile.

En France, l’année 2017, est tout aussi favorable en terme de parité. L’Assemblée Générale de la Fédération Française de Motocyclisme qui s’était réunie le 30 septembre au Comité National Olympique et Sportif Français (Paris), pour procéder au renouvellement pour 4 ans, de son équipe dirigeante. Emma Clair Dumont, responsable du comité de la FFM au féminin fut réelue. ainsi que six femmes au comité de direction. A savoir, Isabelle Andrieux, Nicole Fuentes, RESCHKO-JACQUOT Pascale, Christine Simon, TEULÉ BOULIN Nadia et VOISIN Valérie. Une belle parité non ?

Toutefois, même si le bilan est favorable en moto, il ne l’est ni en auto ni dans d’autres sports. Cela explique pourquoi, chaque année depuis 1977, plusieurs initiatives et rassemblements sont programmés chaque 8 mars, comme le rassemblement de Toutes en Moto par exemple ou le célèbre rassemblement féminin mondial nommé « l’International Female Ride Day » orchestrée par Vicki Gray, ancienne pilote de vitesse canadienne.

Toutes en Moto

Cette année l’association Toutes en Moto oeuvre principalement sur une noble cause, bien trop au goût du jour malheureusement. Un « rassemblement féminin » pour les droits des femmes est organisé afin de faire progresser l’égalité femmes/hommes, les mentalités, les mauvaises habitudes, les us et coutumes d’antan pour lutter contre les violences physiques et verbales faites aux femmes.

Mise en lumière en exclusivité pour Mag’ Motardes

Je vous invite également à découvrir ou redécouvrir, Nita Korhonen, Présidente Commission Féminine Fédération Internationale de Moto (FIM),  une femme d’exception très influente, qui fait bouger les sports mécaniques depuis plusieurs années.

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