ITW Exclusive de la fille à moto toute seule

ITW Exclusive de la fille à moto toute seule

22 janvier 2019 0 Par Lydia Truglio Beaumont

La fille à moto toute seule (LFAMTT) ? Mais qui est t-elle et que fais t-elle ? On se demande bien. C’est pourquoi le magazine a souhaité interviewer cette femme tout autant passionné que vous et moi par la bécane.

Aussi on vous invite à la découvrir plus en détail ci-dessous à travers notre interview exclusive et à la suivre sur son blog personnel.

MM : Pouvez-vous premièrement vous présenter ?

LFAMTT : Je m’appelle Josée St-Pierre, j’ai 49 ans. Je travaille en administration depuis toujours, comme trésorière municipale depuis quelques années. Sinon, je suis célibataire en ce moment, maman d’un beau grand gars de 26 ans qui habite en Allemagne depuis trois ans, lui aussi amateur de moto de style double usage.

MM : Pouvez-vous vous présenter avec la moto ? Depuis quand avez-vous votre permis ? Depuis quand avez-vous votre première moto ? Quelle moto avez-vous actuellement ? Et combien de moto avez-vous dans votre vie ?. 

LFAMTT : J’ai eu mon permis en 2005. C’était après mon divorce avec le papa de mon fils, j’ai décidé de réaliser un rêve d’adolescence : avoir ma moto à moi.

J’ai donc acheté un Suzuki GS500 usagée et je suis vite devenue accro. Je ne l’ai pas gardée très longtemps, elle n’était nettement pas assez puissante pour moi.

Sinon, je crois que j’en suis à ma huitième moto. J’ai d’abord eu des motos de style sport touring, avec lesquelles je roulais entre 15000 et 20000 kilomètres par année : Québec, Ontario, provinces maritimes, mais plus souvent dans plusieurs états de l’est des États-Unis.

Je changeais à chaque fois parce que ma moto ne me faisait plus peur. Faut avoir du respect pour ta moto, si tu veux qu’elle te respecte.

En 2016, j’ai réalisé que j’avais fait ce que j’avais à faire sur route. J’hésitais entre la piste et le hors-route, j’ai donc choisi d’acheter une Suzuki VStrom 650 pour découvrir d’autres genres de routes, puis rapidement un Yamaha WR250R, puis encore un KTM 690 Enduro R.

J’avais trois motos dans le garage, c’est fou ! Je roule actuellement avec la KTM, pour laquelle j’ai eu un véritable coup de cœur. Elle est parfaite pour ce que je veux faire, c’est-à-dire les chemins de gravier, mais surtout les sentiers plus étroits et escarpés. Pour être honnête, j’aurais gardé toutes mes motos si j’avais pu.

MM : Pouvez-vous nous en dire plus sur le voyage en moto et toutes vos expériences que vous partagez sur votre blog ?

LFAMTT : J’ai organisé un bon nombre de rides. Je suis une rassembleuse, à ce qu’on dit. Je me suis impliquée directement avec le Mouvement Escargot au Québec à sa création, pour lutter contre la hausse du coût d’immatriculation des motos. Je suis aujourd’hui sur le C.A. de Moto Trail Aventure, un club qui fait la promotion de la moto double usage au Québec. 

Mon statut de mère célibataire, puis de travailleuse autonome pendant quelques années, ne m’a pas toujours permis de voyager comme je l’aurais voulu.

J’ai acheté la maison où j’habite en ce moment à cause de son garage annexé, qui me permet d’aller jouer sur ma moto en tout temps. Mon garage, c’est mon deuxième salon. Y a un divan, un « frigibière » (haha), un petit atelier où on se retrouve avec les amis, après une ride.

L’automne passé, je suis partie avec trois autres mordus de double usage : Colorado, Utah, Arizona, Nouveau-Mexique pendant 22 jours. J’ai eu le coup de foudre pour le désert, pour les montagnes. C’est grandiose! Je n’y retournerai pas, parce que la vie est trop courte et qu’il y a encore tellement à voir que je ne veux pas retourner deux fois à la même place !

La Californie m’intéresse beaucoup comme prochain périple, mais surtout l’Europe, où je veux aller rouler avec mon fils : l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Espagne, l’Italie… J’aurai jamais le temps de tout faire ! Mais je suis en train de me faire quelques contacts là-bas. Je ne sais pas comment ni quand, mais j’irai.

Je pars seule dès que je peux. Même quand je roule avec des amis, que ce soit pour une journée ou pour plusieurs semaines, il m’arrive de me pousser pour être seule. Je ne suis pas sauvage, mais plusieurs comprennent comme c’est agréable de rouler à ton rythme, d’arrêter quand tu veux, pour prendre quelques photos, respirer, rencontrer les gens du coin…

Et souvent on m’a dit « C’est toi la fille toute seule en moto? » C’est de là que c’est venu.

J’ai créé mon blog il y a près de deux ans, pour le plaisir d’écrire sur ce que je vis, sur ce qui me passe par la tête quand je roule… ou quand je pense à rouler. Et aussi parce que je n’avais pas envie d’envahir mes amis Facebook de tout ce que j’ai envie de publier et d’écrire, même s’ils me connaissent bien et qu’ils sont pour la plupart des passionnés de moto eux aussi !

On me demande parfois pourquoi on ne voit pas mon visage, pourquoi je ne mets pas de photos de moi. Parce que je n’en ai pratiquement pas, pour commencer, mais j’ai des photos de mes motos sous tous les angles ! Hahaha ! C’est surtout parce que ce n’est pas un blogue sur moi, mais sur ce que je vis chaque jour comme femme motocycliste, sur ce qu’autres femmes motocyclistes vivent aussi. Sur les petites comme les grandes choses que me font vivre ma passion.

Je me suis rendue compte que beaucoup d’autres motocyclistes aiment rouler en solo aussi, mais que les filles hésitent souvent à partir seules. 

On m’a souvent dit « T’as pas peur de partir seule comme ça ? Et si ta moto brise ? »

Je comprends que dans certains pays, ça représente un risque de rouler seule, mais quel danger peut-il y avoir que ta moto brise plus que ta voiture, par exemple ? Et puis quand une fille par exemple m’écrit pour me dire qu’elle a décidé, après avoir lu un de mes articles, de partir seule à Terre-Neuve, ou une autre pour me dire qu’elle est partie seule pendant cinq semaines dans l’ouest canadien et qu’elle s’est retrouvée à travers ce voyage, eh bien je me dis que mon blogue, c’est finalement à ça qu’il sert. Pas seulement à me vider la tête, mais à convaincre d’autres filles comme moi qu’elles peuvent elles aussi le faire.