European Bike 2013 – Lydia Truglio Beaumont : 1ère course au Mans – Act 4

European Bike 2013 – Lydia Truglio Beaumont : 1ère course au Mans – Act 4

2 avril 2013 Non Par Lydia Truglio Beaumont

European Bike 2013 / Lydia Truglio Beaumont : 1e course de sa vie au Mans – Act 4

La toute première course : mais qu’est-ce que je fais là ? Voilà la première chose qui m’est passée dans la tête lorsque je me suis retrouvée à ma place sur la grille après le tour de chauffe.

Ça y est, on y est. Tour de chauffe fait, couvertures chauffantes à nouveau sur les pneus, les gens fourmillent de partout. Le départ est imminent ! La pression à son maximum ! La joie aussi !

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Agnès Dupuy, pilote de talent et également présidente d’une association motarde, m’a fait l’honneur de venir m’encourager pour ma toute première course et mon tout premier départ. Devis Vincent, m’a également encouragée sur la grille de départ ! Thierry Capela m’a dit : « Gazzzzz Nenette ». Merci à vous,  ça fait chaud au cœur.

Pour info, pensez auparavant à vous exercer pour votre départ. Ne faites pas la même erreur de débutante que moi. Ainsi, vous ne perdrez pas le bénéfice de la pré-grille.

Soudain, c’est l’affolement général, on voit le panneau 30 secondes. C’est parti ! Mario tombe les couvertures, le monde quitte la piste en un clin d’œil, le drapeau vert apparaît. La pression est à son maximum. Les motos montent dans les tours. On se prépare tous au départ.

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GO ! Lilly GOOO

Le drapeau s’agite, gazzz c’est parti. Je fais un départ digne d’un premier départ. En effet, personne ne m’en avait touché un mot alors forcément j’ai zappé ce genre de détail, vue l’angoisse générale, et pourtant c’est tellement important. Je sais désormais de quoi je parle, j’ai perdu tout le bénéfice de ma place sur la grille pour le départ. Faute de méconnaissance totale sur « faire un départ ». Tous les pilotes sur les grilles derrière moi sont passés devant en clin d’œil. Départ foiré, c’est le cas de le dire, je pars en wheeling direct et passe la 1-2-3 sans poser l’avant. C’était à mourir de rire. Personnellement, j’en rigole encore quand je revois la scène. Et je me suis éclatée à voir ma S1000 en lève.

Je ne me démonte pas malgré tout et me dit « allez go tu y es ». Je pars gazzzz mais pas plein gazzzz et remonte les pilotes petit-à-petit. J’en double un, puis deux, puis trouve une roue. Jérémy, j’essaie de le doubler mais impossible, je manque de gaz. J’ai beau lui coller le train toute la course, voire être à côté de lui dans certaines courbes, je n’arrive pas à le doubler. Je manque de gaz et je freine bien plus tôt que lui malgré le fait qu’en vitesse de passage en courbes, je suis bien plus rapide.

Le pied reste la bagarre sur 10 tours : je te passe, tu me passes, sans cesse. En vitesse de passage, je passe en intérieur, en extérieur et ne me pose pas la moindre question. Je reste dans mes trajectoires et mes points de corde, je veux être propre, même en course.

La course suit son cours et dans les gazzzzz, c’est foutu, Jéremy me repasse directement et me met un mini vent. Je le rattrape toujours en courbes et bagarre à nouveau sans succès pour cette fois-ci.

Lydia Truglio Beaumont FSBK 2013 (209)

C’était merveilleux, j’ai connu une course, une bagarre, une envie de gagner, de dépasser les pilotes, de repousser certaines de mes limites (hors freinage malheureusement), des sensations encore inconnues, le bruit des sliders frottant le bitume, le vibreur parfois. Doubler aussi est fabuleux, tu passes dans un trou de souris mais tu y vas sans te poser la moindre question. C’est géant, j’en redemande encore et encore !

Ensuite, j’ai vu le drapeau bleu, j’avais les boules grave. Prendre un tour, je peux vous dire que cela rend triste. Par contre, il ne vous vient qu’une seule chose en tête : OK pour cette année, comme je débute et que je ne connais même pas le circuit, mais l’année prochaine, hors de question lol. Ce drapeau bleu, je ne veux plus le voir ! Basta cosi.

Bref sensation gigantesque. A tel point que je n’ai pas vu le drapeau de fin de course. Je vois les pilotes saluer le public et comprends donc que la course est finie. Quelle moment de joie, d’excitation, de bonheur, de soulagement, tellement d’émotions qui s’entremêlent que je ne pourrais pas toutes vous les citer.

Au moment du tour d’honneur, mais quelle émotion encore. Le public est présent et il vous applaudit, oui oui, il vous applaudit, les commissaires sont en bord de piste, ils vous saluent, vous pointent du doigt, vous font des signes de félicitation et vous applaudissent aussi, c’est hallucinant et tellement fantastique. La magie opère et elle est à son maximum.

Cette course, je la dédie à mon frère. Au moment où certaines personnes du public m’applaudissaient et me pointaient du doigt (genre « oui oui, toi, c’est toi qu’on applaudit, chapeau miss »), à cet instant précis, les larmes de joie sont à nouveau parties toutes seules, mon regard s’est levé au ciel et une seule chose était dans mon esprit : « Pour toi Yaya ».

Émue et heureuse, je réalise le moment que je viens de vivre. La passion que j’ai et que j’aurai toujours pour la moto. Elle est tellement puissante qu’elle a réussi à m’emmener en tant que pilote sur le Circuit Bugatti. Truc de fou, je ne m’en remets toujours pas. La chance de courir une course, de vivre ce moment, de piloter mon BB au circuit du Mans en plein SBK. Aucun mot n’est assez fort pour décrire mon ressenti et l’euphorie que je ressens intérieurement.

On finit le tour et on rentre au stand. J’en profite pour dire un grand merci @ tous les pilotes pour vos signes de félicitation lors du tour d’honneur, c’était géant ! Ils se reconnaîtront…

A la sortie de piste, j’aperçois les champions dont Zanetto Laurent, je suis ravie pour lui, je cherche du regard, un pilote de valeur, qui m’a aussi encouragée sur la grille pour le baptême de la course et ne le vois pas, dommage.

Pour ma part, je finis 32e sur 36 coureurs engagés à 2 secondes du 33e tout de même. Je suis ravie de ce tout premier résultat au sein d’un tel championnat au niveau élevé.  Je sais surtout que j’en ai encore beaucoup plus dans mes tripes. 1’56 en chrono final contre 2’04 le premier jour et 1’59 au warm up. Désormais, je connais le tracé ! Alors la prochaine fois, ça va saigner !!!!! Et les chronos vont tomber !

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En conclusion

Merci à Brice de Dafy Moto- Villeneuve Loubet, Merci à Miss Bike – Antibes, Merci à BMC et William Coste pour votre sponsoring et votre soutien sur cette course.

Merci aux Frères FORAY, sans qui je n’aurais peut être pas aussi bien piloté et géré le Mans. Merci de vos pré-conseils pour Le Mans à Magny-Cours. Quant à votre papa, je n’ai pas osé le déranger.

Merci à Petit Claude et Mario de m’avoir accompagnée et épaulée dans cette toute première course. Une belle victoire d’équipe, une confiance, une aventure humaine hors taille. Merci les gars ! Merci mon papa GSXR.

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Merci à Thierry Capela, merci pour tous. Compte-rendu officiel EB 2013 Le Mans

Merci à Alain Raimbaud de tous tes conseils ! Merci @ tous les pilotes engagés sur la course, super moments en votre compagnie, ambiance au top et solidarité entre pilotes, c’est magnifique de vivre une course à vos cotés.

Quant à moi, je n’espère qu’une chose, remettre ça !

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Un des pilotes vient me saluer avant le départ et m’encourage – Vincent de l’Aspiracing

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Le bisou à mon amour avant le départ !

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