Moto Morini 1200 Corsaro Veloce : sensationnelle

Moto Morini 1200 Corsaro Veloce

Sensationnelle

Moto Morini est une marque moto en marge de la production classique, car située à mi-chemin entre l’artisanat et la fabrication en grande série. Si les origines de la marque remontent à 1914 (sous la houlette d’Alfonso Morini), elle renaît surtout de ses cendres en 2006 avec une gamme restreinte (4 modèles) autour d’un moteur monumental et inédit, le bicylindre en V de 1200cc. Mag’Motardes vous a déjà livré l’essai du gros trail Granpasso. Il vous donne ici ses impressions après l’essai de la version roadster la plus affutée, la Moto Morini 1200 Corsaro Veloce.

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En effet, lors de la renaissance de la marque en 2006, Moto Morini présente pour commencer son gros roadster sportif, la Corsaro, qui derrière ce patronyme corsaire goût pirate, apporte un vrai plus dans une catégorie de motos pourtant très complète, puisque tous les constructeurs ont leur gros roadster. Cette Morini Corsaro a connu 3 versions (la standard, la Gladio moins chère et avec un équipement simplifié, et la Veloce essayée ici, version la plus haut de gamme et la plus puissante).

Ce n’est pas au niveau du style que la Corsaro enterre la concurrence, non. Ses lignes rondouillardes et qui reprennent les codes esthétiques de la concurrence (cadre treillis type MV Agusta, pots sous la selle à la Ducati 916, mini phares avant comme les Buell….) sont élégantes, mais ne plairont pas à tou(te)s.

De même, la fiche technique de la Corsaro n’a rien de bouleversant non plus avec un poids de 198 kg à sec (20 kg de plus qu’une Buell XB12), un empattement de 1440 mm (12 cm de plus que la Buell aussi…), et une hauteur de selle de 830 mm qui n’aidera pas les pilotes les moins grandes. Voici ce que cela donne pour une pilote d’1m65 :

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On pourrait donc dire que cette moto, à sa sortie, n’était pas une révolution dans le marché des roadsters… et pourtant, c’est tout l’inverse. Car croyez-moi, cette machine est un concentré de sensations quand on est assis dessus, pas quand on la regarde.

Cela commence par un accueil confortable en selle, les cuisses prennent naturellement place dans les larges échancrures du réservoir, la selle est correctement garnie, et le buste pas trop penché en avant. Sous les yeux, un tableau de bord très complet qui rayonne d’un bleu apaisant dans la nuit… Aussi apaisant que le moteur, lui, est de feu.

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Au démarrage, il s’ébroue et claque de manière sèche mais régulière, une intonation bien à lui, qui ne ressemble ni à une Ducati Monster, ni à une Aprilia Tuono pour citer ses concurrentes.

La boîte de vitesses est un peu raide, mais elle s’assouplit avec les kilomètres. Quant à l’embrayage, il est ferme mais sans excès (là aussi, ce n’est pas une Ducati). Étonnamment, le moteur est assez souple pour un gros bicylindre, puisqu’on peut rouler en ville en 3ème ou 4ème à 2000/2500 tr/m sans que ça ne pilonne trop. Par contre, une certaine retenue est de mise avec la poignée de gaz, car le couple très important est présent immédiatement. On a donc vite fait de dépasser les limites de vitesses en tournant la poignée de quelques millimètres.

De même, en ville, le rayon de braquage est très moyen pour faire un demi-tour dans une ruelle, et le ventilateur se déclenche souvent.

On ressent donc vite le besoin d’espace avec cette Morini, et c’est là que l’extase commence. Tout est une question de mouvement de la poignée droite. Un mouvement lent et régulier, et c’est une énorme main qui vous pousse dans le dos, le sentiment d’une locomotive que rien n’arrête. Un coup de gaz rapide, et c’est un bond en avant qui vous attend, voire une roue avant qui se lève si vous êtes en 1ère , seconde, voire en troisième sur un faux plat. Enfin, une franche accélération, et là il faudra serrer très fort les cuisses et les abdos, car quand la pleine puissance débarque à 7000 tr/m, il vaut mieux savoir où on va tellement on est surpris par le moteur qui vous catapulte. Le tout sans électronique… juste un câble d’accélérateur et un moteur au grand cœur.

Une réussite totale, qui rend accro au premier roulage et redonne le sourire les jours de grisaille.

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Le freinage est très bon et précis (sans ABS). Seuls quelques retours du système anti-dribble (tremblements) de l’embrayage viennent perturber ceux qui utilisent le frein moteur haut dans les tours.

Pour la balade ou l’arsouille, la Corsaro se prête au jeu et à la volonté de la pilote, que ça soit par sa direction (vive mais pas trop), sa tenue de cap, et ses suspensions qui préservent le confort sans engendrer de réactions parasites, même en brusquant la moto. Et quand on sait que les 18 litres du réservoir autorisent 200 à 260 km d’autonomie (la consommation varie beaucoup selon la conduite en Morini), on n’hésite pas à partir loin, et souvent, car ce moteur a une très bonne réputation de fiabilité (bien plus que beaucoup d’Italiennes plus vendues…), avec des révisions simples tous les 10 000 km.

Comme la marque a eu des difficultés en 2010 (stocks liquidés puis marque reprise), les prix d’occasion sont assez variables, de 5 à 8 000 € pour un modèle en bel état, alors que le prix neuf d’une Corsaro est de 11 900 €… mais vous pouvez payer moitié prix et repartir avec grâce au système « Morini Rent » qui permet de louer la moto 18 mois…

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Bref, à la rédaction, on félicite à nouveau les qualités de ces Moto Morini qui, si elles n’ont pas le package électronique des machines plus modernes (pas d’ABS, pas d’antipatinage, pas de mode, etc), n’en distillent pas moins des sensations extatiques, qui (re)donnent le goût de la liberté à moto….

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Fiche technique

Moteur
Type de moteur: Bicylindres en V à 87° – 4 temps
Nombre de soupapes: 8 soupape(s)
Cylindrée: 1187 cm³
Alésage course: 107 x 66 mm
Allumage: Electronique
Lubrification: Carter humide
Refroidissement: Liquide
Démarreur: Electrique
Puissance: 140 ch à 8500 tr/min
Couple: 136 Nm (13.9 mkg) à 6500 tr/min
La transmission
Transmission finale: Chaine
Boîte de vitesses: Manuelle 6 vitesses
Le cadre et les roues
Cadre: Treillis tubulaire en tubes d’acier
Suspensions avant: Fourche téléhydraulique inversée Ø 50 mm, déb. 129 mm
Suspensions arrière: Monoamortisseur, dèb 130 mm
Freins avant: 2 disques Ø 320 mm, étriers 4 pistons
Freins arrière: 1 disque Ø 220 mm, étrier 2 pistons
Les dimensions
Poids: 196 kg
Reservoir: 18 litres
Les performances
Vitesse maximale: 260 km/h
Rapport Poids/Puissance: 1.4 kg/ch
Rapport Puissance/Litre: 117.944 ch/litre

crédit photo cycle ergo / MM

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