L’évaluation du 80 km/h est une affaire sérieuse selon la DSR

4 janvier 2019 1 Par Lydia Truglio Beaumont

La Délégation à la sécurité routière (DSR) dément catégoriquement les chiffres et les analyses  présentés sur l’antenne de RTL ce jeudi par Monsieur Jean-Luc Michaud, président d’un comité qui s’est donné pour mission l’évaluation de la mesure d’abaissement à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles, lequel comité ne compte néanmoins aucun accidentologue parmi ses membres.

La mise en place de cette mesure n’a absolument pas coûté 3,8 milliards d’euros, mais 10 millions (coût de l’installation des nouveaux panneaux). Le gouvernement a toujours été transparent sur le coût de cette mesure, et l’a communiqué dès l’annonce de la mesure.

Contrairement à ce que Monsieur Jean-Luc Michaud affirme, il n’est pas aujourd’hui possible d’évaluer avec fiabilité le bilan de cette mesure, comme le lui a expliqué le délégué interministériel à la Sécurité routière Emmanuel Barbe dans un courrier en date du 10 décembre 2018.

L’évaluation de cette mesure est confiée au CEREMA, avec la participation de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), organisme labellisé pour son indépendance par l’autorité de la statistique publique. Une première série de résultats seront rendus publics fin janvier 2019.

Ainsi, l’ONISR tient à rappeler, comme l’indique ce même courrier du délégué interministériel :

– « que le baromètre mensuel de l’accidentalité routière sur lequel Monsieur Jean-Luc Michaud fonde ses calculs repose sur des données très parcellaires fournies par les forces de l’ordre dépêchées sur l’accident. C’est seulement après l’analyse minutieuse de ces accidents entrée dans un fichier dit « BAAC » qu’il est possible d’en avoir une connaissance suffisamment fine. C’est le seul moyen d’obtenir une évaluation de la mesure sur le réseau concerné par l’abaissement des vitesses à 80 km/h ».

– « la mesure 80 est une mesure destinée à lutter contre tous les accidents quels que soient leur cause, et pas seulement les accidents liés à des vitesses excessives ou inadaptées.
Enfin, indépendamment de l’absence de fiabilité de ce chiffre, les familles des victimes d’accident de la route jugeront par elles-mêmes de l’affirmation de Monsieur Michaud que « 100 vies épargnées, c’est loin d’être brillant» ».