Dossier pneus moto

Dossier pneus moto

8 janvier 2013 13 Par Chris

Dossier pneus moto

Dossier pneus magmotardes

Nos chaussettes ont fait d’énormes progrès ces 10 dernières années, avec un travail toujours plus poussé sur les qualités dynamiques pour passer au sol la puissance (du moteur mais aussi du freinage) de nos motos tout en restant sur nos roues.

Rappelez vous il y a quelques années les grandes publicités qui vantaient une prise d’angle équivalente aux motos de grand prix de l’époque…

lean_angle

Alors comment s’en sortir dans le choix énorme de pneus routiers qui s’offre à vous ? Comment « lire » un pneu ?

Pour commencer, un petit récapitulatif par marque , par modèle et par utilisation pour vous repérer (mise à jour 10/2013) :

2013 pneus moto classement comparatif magmotardes

Vous trouverez chaque année dans la presse moto spécialisée 3 à 4 comparatifs de pneus routiers (disons de supersport à touring).

Ces tests visent à départager les différents modèles dans des conditions particulières… sur circuit, sur chaussée humide, après plusieurs milliers de kilomètres, etc.

Certes ces comparatifs ont l’avantage d’exister mais ils doivent être lus avec un certain recul pour deux raisons :

1- il n’existe plus de « mauvais pneu » routier.

A à l’ère du pneu radial voire multi-gommes, les capacités d’adhérence ont de quoi laisser rêveurs les anciens pilotes…

Il faut absolument relativiser les classements … un exemple, un hebdomadaire moto très connu dans son test de septembre 2012 classe le Dunlop Sportsmart 5e dans les derniers avec en conclusion « il déçoit vraiment sur la route ».

Au même moment, un mensuel concurrent classe le même pneu 1er et l’encense. Les exemples sont innombrables, et ne remettent pas en cause la qualité des journalistes essayeurs.

Alors pourquoi de telles différences ?

2- Parce qu’un bon choix de pneu est un choix personnel qui dépend de plusieurs facteurs !

Le feeling d’un pneu dépend :

– de la façon de conduire :
Fluide ou brutale

– des routes empruntées :
C’est le grand écart entre des rocades froides et glissantes l’hiver et les routes abrasives de l’arrière pays l’été… Un même pneu sur une même moto et avec la même pilote pourra avoir des comportements très différents.

– de la moto :
Une moto de 150 kgs ne mettra pas un pneu en contrainte de la même façon qu’une moto de 250 kgs… plus de poids, plus de contrainte, plus de température, et donc un grip différent.

– de son profil et de l’appréhension de la mise sur l’angle :
Certains pneus ont des profils en V qui donnent une sensation de vivacité accrue, avec la moto qui se jette littéralement dans le virage.

Par exemple le Michelin Pilot Power, dont le côté « pointu » est très marqué (on voit nettement le « plat » sur le coté de la bande de roulement ci dessous) , est un pneu qui se met facilement sur l’angle et aime y rester :

michelin-pilot-power-2ct-r-2

Cela peut plaire…. ou au contraire gêner, dans ce cas on préfèrera des profils plus ronds, plus neutres.

Ce qu’on doit retenir :

– attention aux dimensions préconisées par le constructeur !

Bien regarder dans le manuel la dimension indiquée, afin d’examiner de quel choix de pneus vous disposez.

Par exemple, la diva Ducati Panigale n’est homologuée qu’avec un seul modèle de pneu : le Pirelli Diablo Supercorsa SP.

Photo4

Ceci peut être considéré comme une prise d’otage pour ceux qui n’aiment pas ce pneumatique, mais changer pour une autre monte peut avoir deux impacts négatifs :

1/ L’électronique (contrôle de traction, de frein moteur, etc) est calibrée pour ce pneu … qui sait quel dysfonctionnement une gomme différente pourrait entraîner

2/ Un accident de la route avec un pneu différent de la monte homologuée renvoie à des problématiques d’assurance qui peuvent être gênantes (dans le cas d’un expert d’assurance tatillon… moto non conforme… pas de couverture)

C’est le même cas pour la Ducati Diavel et son énorme pneu de 240 mm à l’arrière. En dehors du Pirelli Diablo Rosso II, point de salut.

– attention à la pression !

Les fabricants de pneus ne prennent pas trop de risque et conseillent des pressions élevées sur route (type 2.5 bars à l’avant, 2.9 bars à l’arrière)

Pourquoi ?
Simplement parce que plus un pneu est gonflé, plus le risque d’éclatement à haute vitesse est faible. Et donc moins ils ont de risque de procès…

Une fois vos pneus montés, n’hésitez pas à vous faire conseiller pour travailler sur la bonne pression pour vous.

Moins de pression = plus d’adhérence

Manque de pression = manque de précision

Pas assez de pression = chute !!!

A vous de trouver celle qui vous convient sur route… Souvent des machines légères travaillent bien avec des pressions de l’ordre de 2 -2.1 bars.

A contrario on conseillera de gonfler plus les pneus des machines lourdes et/ou chargées.

Sur circuit c’est différent, les pneus étant mis en contrainte en permanence (accélération / freinage / motricité sur l’angle), une pression plus basse permet un travail plus cohérent et sécurisant…. Mais n’oubliez pas de regonfler si vous reprenez la route !!!!

– la longévité !!

C’est un argument à elle toute seule. Tout le monde voudrait un pneu à l’adhérence parfaite, qui dure 50.000 kms et qui n’est pas cher.

Hélas, le Père Noel est reparti et n’a pas laissé çà dans la cheminée, alors il va falloir faire comme tout le monde…. des compromis !

Les pneus touring ont des longévités très appréciables, jusque 20.000 kms pour un pneu, mais auront nécessairement des qualités d’adhérences moindres en conditions arsouille…

J’aurais tendance à dire, si vous ne trouvez pas de défaut un pneu routier (exemple Dunlop Roadsmart, Metzeler Z6, Bridgestone BT-20), et que vous ne fréquentez pas les circuits, inutile d’aller dépenser des sommes folles en pneus hypersport, qui même en utilisation calme auront une usure très rapide (voire « en carré » pour les utilisateurs de grandes lignes droites)

A l’inverse, n’allez pas croire que les pneus les plus tendres sont toujours les meilleurs sur route… ainsi, certains pneus dits « racing » ont du mal à monter en température dans le cadre d’une utilisation routière, et engendrent un feeling moyen…

Encore une fois, adaptez la monte à votre personnalité et votre conduite !
Inutile de payer un train de pneus qui va durer 1500 kms pour 300€ si c’est pour aller bosser l’hiver par l’autoroute !

Mais si vous tatez de la piste même sporadiquement, ne lésinez pas sur la qualité… votre confiance et la qualité du roulage en dépendent.

D’ailleurs, dans les tendances récentes, on notera un effort des constructeurs pour pimenter un peu le look des pneus motos.

Cà a été le cas du Pirelli Angel , avec son dessin d’ange dans la gomme qui se transforme en démon avec l’utilisation

Photo5

Mais aussi le Metzeler M5 qui sur sa gomme indique le niveau d’angle
pris avec un petit dessin :

Photo6

Plus exotique, il y a quelques années, Tomahawk a sorti des pneus de couleur… pas certain que cela se vende encore, mais niveau originalité, c’est imbattable, à défaut de pouvoir dire quoique ce soit sur ses qualités intrinsèques :

pneu et moto

Pour finir, un rappel, comment lire les indications sur le flanc d’un pneu ;
En déchiffrant le bord de votre pneu, vous y trouverez des indications telles que :

– Le sens !
Facile, il y a une flèche… mais on trouve encore des mécanos qui se trompent de sens… si si !

– La taille
Exemple : 180/55 ZR 17

Qui signifie un pneu de 180 mm de large (à peu près… d’une marque à
l’autre on a des surprises)
d’une hauteur de 55% de 180mm soit 99 mm

Z est l’indice de vitesse maxi autorisée sur ce pneu (qui garantit sa
non explosion dira-t-on)
R = radial (contrairement aux pneus des anciens temps, à structure « diagonale »)

– Autres indications :

Ex : 56W TL :

56 : indice de charge maximale. (ici : 56 = 224 kg)
W : indice de vitesse maximale d’homologation du pneu lorsqu’il est soumis à son indice de charge maximale. (ici : W = 270 km/h)
TL = pneu sans chambre à air (TubeLess), à l’inverse pour des motos tous terrains = pneu TT = avec chambre à air (TubeType).

Dernière indication importante, le « DOT » et je rajouterais Chris, si tu me le permets « la primordiale »

Il s’agit de l’année de fabrication
Ainsi, le numéro tout à la fin, exemple « 2711 » , signifiera que le pneu a été fabriqué la 27e semaine de 2011.

Cela peut valoir le coup de savoir quand votre garagiste préféré vous installe des pneus vieux de plusieurs années sans que vous le sachiez…. Toujours pareil , un(e) motard(e) averti(e) en vaut deux !

Voilà les conseils de base. Bon choix et bon roulage !

N’oubliez pas, le pneu est le seul élément qui fait le contact entre vous et le bitume… prenez en soin !

Un pneu usé peut être un pneu dangereux…